Dans son livre Une blessure française1, sous-titré Les soulèvements dans l'Ouest sous
la Révolution, 1789 - 1795, Pierre PÉAN redonne vie à des événements vieux de plus de deux siècles, dont on constate pourtant les effets jusqu'à nos jours, à travers les
régimes qui se sont succédé.
A la vie des bourgs ruraux de Maumusson et autres, dans le pays d'Ancenis, entre les débuts de la Révolution qu'ils accueillent avec joie et les affrontements sanglants qui
suivront l'accaparement des biens nationaux par les bourgeois, la chasse aux prêtres incompréhensible pour eux et la levée de troupes par un régime désormais ressenti comme hostile répondent
notamment à Nantes le républicanisme des négriers, et à Paris la dénaturation par entrisme du Club breton en Club des Jacobins colonisant le pouvoir par tous moyens.
Peu savaient avant de lire Péan que les trois plus grandes années nantaises du commerce esclavagiste avaient été les trois premières années de la Révolution ? Que c'est du
milieu négrier nantais qu'est sorti Fouché, futur ministre de la police du Directoire et de l'Empire, et quelque temps même ministre de Louis XVIII ? Que les Gardes nationaux chargés de rétablir
l'ordre en pays ancenien étaient des bourgeois commandés par le négrier Deurbroucq ? que négriers et négociants manoeuvraient la Société des Amis de la Constitution au point de faire inscrire
dans le Cahier de doléances nantais la demande de protection militaire des navires négriers ?
Un bloc, la Révolution ? Il ne faut se moquer ni de l'Histoire, ni des citoyens. La République peut se passer de mensonges. Lisez donc le livre de Pierre Péan.
(1) 2008, Fayard éditeur, 20 €.
Le
Fresne-sur-Loire née en 1903 du quartier des bateliers de la rue du Fresne, à Montrelais. Mais l'ancienneté bretonne des deux communes remonte au
moins à Nominoë, roi de Bretagne, dont l'accord avec le roi des Francs Charles le Chauve se concrétisa par la pose d'une borne frontière en 845, dite "Pierre de Bretagne"
ou "Pierre d'Ingrandes" entre les communes actuelles du Fresne (44) et d'Ingrandes (49), extrémités respectives des deux royaumes sur la Loire.
La pierre fut remise à un carrier en 1792, et doit se retrouver dans une ou plusieurs des constructions d'aujourd'hui.
Le Fresne est plus proche d'Angers (30 kms) que de Nantes (55), mais sa bretonnité se porte toujours bien, merci.
Le gwenn ha du flotte en effet tout naturellement sur le fronton de la mairie de ce bourg de près de 1 000 habitants. Et la page municipale d'accueil, sur le site de la
communauté de communes du pays d'Ancenis, n'est pas moins claire. Voir notamment la rubrique "Un peu
d'histoire".
Un président de "conseil régional", qui se plaint de "charcutage" quand on évoque la réunification de la Bretagne, devrait bien constater que la commune fêtera dans 37 ans ses douzer
siècles au moins de bretonnité. Et la réunification sera passée par là.
Photo : Cl. Le Guellaff / Bretagne réunie.
Les élus UDB de l'agglomération
nantaise ont proposé, on le sait, le nom d'Aimé Césaire pour l'un des deux prochains ponts de Nantes (ou pour le pont de Cheviré). La proposition figure dans le peloton de tête
de celles avancées ou soutenues par les habitants consultés.
A l'abri des épais murs de l'Hôtel de "région", d'aucuns rêvent pourtant encore d'un pont "Olivier Guichard", précisément situé sur une voie qui tangenterait ou presque le bâtiment. La
proposition demeure évidemment sans écho populaire. Grand Érecteur1 de la région factice, dont il présida le Conseil de 1974 à
1998, Olivier Guichard (O.G.) a surtout pour admirateurs ses successeurs, qui lui ont érigé un buste en guise de piedestal.
Dans un souci homophonique et humanitaire, sans renoncer bien sûr à honorer Aimé Césaire, nous proposerions bien pour un autre pont le nom de Jean Ogée. Même pas Breton,
puisque Picard, le célèbre géographe a commis à la fin du XVIIIème siècle le fameux "Dictionnaire historique et géographique de la province de Bretagne, dédié à la Nation
bretonne", qui mérite bien l'hommage de la postérité dans un département dont aucune paroisse n'est oubliée dans l'ouvrage.
(1 ): de ériger : dresser, élever, construire. Noter que l'époussetage du buste du Grand Érecteur pourrait
logiquement être confié aux porte-plumeaux de l'Ordre symbolique de la Coquecigrue (voir par ailleurs).
Illustration de l'article : extrait d'une photo publiée sur le site de la région, et qui pourrait s'intituler : les tireurs de
ficelle pris sur le fait.
Images en ligne : même origine ou reproduction du Dictionnaire d'Ogée.
De l'histoire de la Bretagne, l'école
française laisse-t-elle filtrer d'autres noms que ceux de la Duchesse Anne et de du Guesclin, pour services rendus - bon gré mal gré - à la Couronne royale ?
Parmi des personnages beaucoup plus recommandables et considérables que lui, on pourrait y remarquer Geoffroy Tête-Noire, le Breton chef d'une "grande compagnie"
de Béarnais et Gascons, qui sema la terreur et la désolation en Auvergne et Limousin dans la deuxième moitié du quatorzième siècle. Entre autres forfaits, il se rendit maître du château de
Ventadour (album photos en haut de la colonne de droite) en y achetant une complicité interne et, chassant le comte de Ventadour, seigneur d'une notable partie du Limousin, il s'installa dans le
château et s'y conduisit pendant une dizaine d'années comme le maître des lieux, avant d'être blessé à mort et de laisser le commandement, pour peu de temps, à ses deux lieutenants bretons.
Lire le bien noble récit - dans le langage de son temps - du chroniqueur
Froissart.
Le château est situé au coeur de la Chiraquie corrézienne, près d'Egletons, et bénéficie de crédits de consolidation (merci M. le Président ?).
Photo ci-dessus : une extrémité de gargouille et un boulet de catapulte trouvés dans les ruines.
Dans toute la Bretagne, la situation est claire : tous les sénateurs UMP ou apparentés ont voté contre la mention des langues régionales dans la
Constitution. Les deux sénateurs centristes ont voté pour. Les 8 sénateurs PS aussi. Et l'unique sénateur MRC a voté comme la droite. Soit dix sénateurs favorables à la mention, et 9
contre1.
Le constat inclut la Loire-Atlantique, mais les modalités iniques d'élection des sénateurs font qu'un seul sénateur sur cinq y a voté pour la mention : Charles GAUTIER, le
sénateur-maire PS de Saint-Herblain ! Les trois UMP : Gisèle GAUTIER, Monique PAPON et André TRILLARD se sont prononcés contre, ainsi que l'unique sénateur MRC de Bretagne, François AUTAIN.
Cet ancien sénateur PS (73 ans) a rompu avec son parti pour n'avoir pas été reconduit sur la liste PS des sénatoriales de 2001, qui devait appliquer la règle "un homme, une femme". Il a
alors pu former sa propre liste, dont il était numéro Un, et a trouvé assez de grands électeurs complaisants pour obtenir plus de voix que la candidate placée en n°2 sur la liste PS. Saluez
l'artiste, responsable à la fois d'un vote sénatorial surréaliste sur la reconnaissance des langues régionales, par rapport à une opinion largement favorable, et d'une entourloupe légale mais pas
franchement glorieuse aux lois sur la parité ! Pour ne pas parler de la qualité de son intervention, à laquelle il serait juste d'attribuer un "Prix des Officines" anti-bretonnes.(Lire).
1 : Voir photo ci-dessus. Cliquer dessus pour l'agrandir.
Le calendrier-poster
des Presses populaires de Bretagne est préparé dès le deuxième trimestre de l'année précédente, pour pouvoir être proposé notamment à nos visiteurs de l'été.
Le calendrier 2009 se présente sous la forme et le format habituels, avec chaque jour un prénom ou une fête bretons.
Mais la couleur, fort débattue, retiendra l'attention, et l'illustration réjouira tout particulièrement les habitants de la Loire-Atlantique et la masse des partisans de la réunification de la
Bretagne : il s'agit d'un atelier de conserverie de la fin du XIXème siècle, appartenant à l'union des sociétés coopératives de Bretagne, à Nantes, siège de l'Union, qui était
l'une des nombreuses composantes mutualistes et coopératives de la Fédération socialiste bretonne, au temps où le socialisme était une création populaire...
L'exemplaire du calendrier-poster est vendu 7 € hors port, 10 € avec port. Des réservations peuvent être faites sur ce site (cliquez sur la boîte aux lettres en bas de page et laisser un message
avec vos noms et coordonnées).
A vouloir retirer Nantes de la Bretagne dans la tête des élèves, on ne sait plus où la mettre. Ce n'est pas le manuel d'histoire et géographie de 4ème publié chez Nathan* qui les empêchera de se noyer avant le brevet blanc !
* : Édition 2006. Chapitre 4. La Révolution française, p. 85.
Il y a des jours sinistres pour les imposteurs.
Le 23 novembre, à Saint-Nazaire, le soleil s'était levé sur les couleurs vives des panneaux publicitaires de l'UDB prônant la réunification de la Bretagne.
En page Loire-Atlantique, le journal OUEST-France consacrait un très bon article au nouveau livre de l'historien Jean-Jacques Monnier*, qui met
en lumière l'itinéraire de 300 militants bretons dans la Résistance, et en déroute le mythe d'un mouvement breton massivement collaborationniste.
Enfin, l'après-midi, le Tribunal correctionnel du célèbre port breton infligeait aux trois "inculpés de La Baule" (voir article ci-dessous) une simple peine de
principe, assortissant du sursis leur condamnation à 500 € d'amende, après avoir entendu les témoignages sur le fond de Naïg Le Gars, Emile Granville et Jean Ollivro, et jugé infondé le
grief de dégradation de biens publics. Le procureur avait requis une amende ferme ou 120 à 150 heures de travaux d'intérêt général, feignant de prendre un acte politique symbolique pour
un banal acte de vandalisme.
Bon, il reste quand même pas mal de choses à obtenir, mais des journées comme ça, ça fait tout de même du bien ! N'est-ce pas, Jacques ?
*Résistance et conscience bretonne 1940-1945. L'hermine contre la croix gammée (éd. Yoran Embanner, 416 p, 20 €).
En 1778,
l'ingénieur-géographe Ogée commençait chez Vatar, imprimeur du roi et de la Chambre des Comptes à Nantes, la publication de son "Dictionnaire historique et géographique de la province de
Bretagne", dédié "à la nation bretonne". On n'avait pas encore enfermé la notion de nation dans celle d'État, et le français ne s'en portait pas plus mal : Écossais, Gallois ou
Bretons relevaient en effet de la même catégorie de peuples dans la langue de Voltaire, ce qui ne choquait personne, même pas le Marquis de Mélenchon de l'époque... Et à Nantes pas plus
qu'ailleurs : la preuve !
Comme il n'est pas possible de mettre le dictionnaire en ligne, nous vous en proposons ici les pages 346 , 347,
348 et 349, qui parlent de Saint-Nazaire*. Nous ferons
ensuite, au fil des semaines, quelques excursions dans d'autres cités.
Bonne lecture !
Les moustaches de celui qui fut directeur de l'Humanité de 1918 à sa mort en 1958 ont dû frémir de plaisir à la lecture de
l'article rendant compte de la présentation du prochain Tour de France. Né à Plourivo, le dirigeant communiste savait aussi se montrer avocat convaincu de la cause bretonne
(voir extrait Internet d'archives du PCF).
L'Huma Dimanche n'hésite pas en effet à tacler sévèrement les organisateurs de l'épreuve pour avoir présenté une Bretagne sans Nantes (voir
illustration à gauche et photo de Marcel Cachin à droite). Bravo L'Huma Dimanche* !...
Et, pour rester dans le sport, félicitations à la municipalité communiste de Trignac, qui a su montrer l'actualité de son histoire bretonne à l'occasion - notamment
- du séjour des rugbymen gallois dans la région nazairienne, et n'a pas hésité à citer Le Peuple breton dans le bulletin municipal. Continue, Jean-Louis** ! Et rendez-vous à la prochaine étape...
* [...Et merci à François Preneau de nous avoir communiqué l'info.]
** [Jean-Louis Le Corre est maire de Trignac depuis 1977 et vice-président du Conseil général de Loire-Atlantique.]
A vous la parole