L'anchois est la grande spécialité du port de pêche de La Turballe, en Loire-Atlantique. Le blocage pour un an de la pêche de ce poisson par les autorités européennes (France comprise, par définition) touche de plein fouet l'économie locale et les familles qui vivent directement ou indirectement de l'activité.
Les professionnels conviennent de la nécessité de réguler les captures pour assurer la pérennité de la ressource, mais ne peuvent admettre l'imprévision et la brutalité de la gestion du secteur. Ils ont manifesté à plusieurs reprises au cours du mois de juillet, et notamment le 5 à Saint-Nazaire, et du 11 au 13, où le gwenn-ha-du était en bonne place à l'entrée du port "occupé" et sur les unités de pêche.
En fait, il s'agit de la revente par la holding Aker (société financière contrôlant le groupe) de ses 40 % de parts dans le capital d'Aker Yards, sa filiale propriétaire de 17 chantiers de construction navale répartis dans sept pays essentiellement européens (avec un projet en cours au Vietnam). Les dernières années ont vu à la fois le renforcement du puissant groupe Aker Yards (7 acquisitions depuis 2000) et le désengagements progressif de la holding Aker, qui possédait encore 55 % du capital au moment du rachat des chantiers bretons, mais 75 % en 2004. De ce qui pouvait donc encore passer en 2004 pour de la gestion de patrimoine industriel, on est progressivement passé à la gestion boursière. C'est d'ailleurs la part des banques et fonds d'investissements dans le capital qui a crû pendant cette période, et qui devrait croître encore à l'occasion de la cession en cours. On a déjà vu notamment le fonds "suédois" SEB entrer à plus de 10 % du capital, alors que les autres partenaires se situaient plutôt, jusque-là, autour de 3 %. Les salariés (de Bretagne, de Norvège, de Finlande ou d'ailleurs) craignent évidemment que cette évolution de l'actionnariat compromette la pérennité de l'activité : les fonds d'investissements ne sont pas réputés pour l'intérêt qu'ils portent à la rentabilité à long terme... Or, si tous les chantiers d'Aker Yards ont, en gros, pour deux ou trois ans de carnets de commandes bien remplis, ce qui crée des conditions idéales pour la revente en bourse, la construction navale est une activité dont les aléas restent présents dans tous les esprits. Le maintien de l'avance technologique est une des meilleures garanties. A Saint-Nazaire (le quart du chiffre d'affaires du groupe), on attend la confirmation d'investissements tels que la réalisation d'un nouveau portique, négligée par Alstom.
Le Peuple breton de février 2006 titrait sur le rachat à Alstom, par le groupe norvégien Aker, des chantiers navals de Saint-Nazaire (Chantiers de l'Atlantique, 3000 salariés directs), auxquels il faut associer ceux de Lorient (Ateliers du Rohu ou Chantiers Leroux, 116 salariés directs). Un an après, on apprend brutalement la remise en vente de ces chantiers.
Les sites de production d'Airbus en Loire-Atlantique - et ceux des programmes à venir - sont-ils menacés par les plans de restructuration consécutifs aux erreurs de gestion et à l'irruption dans la désignation des dirigeants du groupe de considérations étrangères à l'intérêt général comme à celui des salariés du secteur ? Les organisations syndicales le craignent et ont déjà appelé, sur les sites du département, à des actions d'avertissement (débrayages, manifestation).
Le report de la publication du plan de restructuration alimente évidemment les craintes.
La mobilisation commune des responsables des régions Aquitaine et Midi-Pyrénées autour du pôle de compétitivité aéronautique du Sud-Ouest contraste par ailleurs avec la discrétion des élus de la "région" des Pays de la Loire. Pratiquement sans exception, les quotidiens du Sud-Ouest, leurs sites Internet, celui des collectivités publiques, présentent et commentent l'accord scellé à Agen il y a quelques jours entre les présidents des deux conseils régionaux pour éviter la "multiplication" des pôles de compétitivité aéronautiques en France et la "dilution" de la manne publique correspondante (voir par exemple ici le site du journal Sud Ouest).
Certes, la défense active du pôle de compétitivité "Aerospace Valley" commun aux deux régions vise surtout les appétits en la matière de la région Provence-Alpes-Côte d'Azur et surtout de la région Ile-de-France.
De fait associés à ceux de Toulouse, les sites de production et de préassemblage de Loire-Atlantique peuvent néanmoins, dans cette compétition comme dans les perspectives de restructuration industrielle, apparaître comme secondaires, donc sacrifiables... C'est la crainte de fond, entretenue par le souvenir d'autres "casses" pas si lointaines dans l'industrie bretonne.
Près de 5 000 salariés directs (hors sous-traitance) sont concernés en Basse-Loire et l'UDB, au-delà de toute autre considération, estime qu'ils n'ont pas à payer, avec leur famille et leur environnement économique et social, les incompétences et légèretés des "décideurs" du secteur.
L'UDB rappelle au passage que, bien seule,'elle avait pris position pour le choix de Nantes - Saint-Nazaire pour la construction de l'A3X, en s'appuyant sur la complémentarité possible avec le site de Hambourg, également situé en estuaire et l'évidente pertinence d'une liaison maritime à laquelle la politico-technocratie française a préféré les ruineux aménagements routiers que l'on sait entre Bordeaux et Toulouse. Voir notamment le communiqué fédéral UDB du 13 avril 2001.
Et félicitations aux "Pays de la Loire" pour leur évanescence d'un bout à l'autre de ce dossier !
Dans ses pages Loire-Atlantique, Ouest France annonçait le 16 mai l'adhésion à "Produit en Bretagne" des trois magasins Auchan du département (Trignac pour l'agglomération nazairienne, Saint-Herblain et Saint-Sébastien pour l'agglomération nantaise). L'événement a été marqué par la venue du directeur général d'Auchan France, accueilli par le nouveau président de "Produit en Bretagne", le Guérandais Albert Esnault. L'adhésion a été clairement justifiée par l'intérêt commercial du logo (qui visiblement ne laisse pas le coeur à l'écart).
Nous avons tenu à laisser le 16 à Ouest-France l'exclusivité de son information, présentée sous l'excellente plume de Marc Le Duc.
Notre site présente à M. Auxiette ses voeux de prompt rétablissement.
On en parlait depuis plusieurs jours, c'est officiel : Alain ESNAULT, directeur des Salines de Guérande (groupement de 180 paludiers) succède à Xavier LECLERCQ (ex-PDG de Brit'Air) à la tête des entreprises réunies dans le groupement économique Produit en Bretagne, dont le label bien connu favorise la diffusion de produits bretons de qualité.
Depuis des années, selon un pré-rapport de la Commission européenne, la France laisse inutilisée une grande partie des fonds structurels européens mis à sa disposition au profit du secteur « pêche » ! Pour la période 1994-1999 le quart des fonds pour l'orientation de la pêche (50 000 000 € sur 200 000 000 €) est resté inemployé. 15 des 35 000 000 € du programme PESCA dorment encore dans les tiroirs. Et des anomalies du même ordre sont relevés pour la période 2000-2006.
Le pré-rapport de la commission met en cause la centralisation française, qui se traduit par des refus ou des lenteurs dans le co-financement d'opérations par l'Etat, ou dans la délégation de compétences aux collectivités concernées, dont la Bretagne, bien sûr, au premier chef.
Parmi les dossiers bloqués, celui du financement de l'installation des jeunes...
L'UDB dénonce cette situation dans un communiqué publié à l'occasion de la réunion à Brest de la Conférence des Régions périphériques maritimes, à laquelle rend visite le commissaire européen à la pêche, M. BORG.
Photo : vue sur la flottille de La Turballe (Loire-Atlantique), qui compte 38 chalutiers pélagiques, mais aussi une belle flottille classique et des ligners.
Pour avoir à peine dépassé le quart de son objectif en nombre de passagers, la ligne aérienne Angers-Tours-Lyon va fermer, huit mois après son ouverture. Le PDG de la compagnie Airlinair, titulaire de la ligne, constate après enquête que "les usagers préfèrent prendre le TGV ou décoller de Nantes pour se rendre à Lyon".
C'est pour l'aéroport d'Angers-Marcé un nouvel échec, qui démontre une nouvelle fois qu'il n'y a pas de véritable aéroport utile entre Paris et la Bretagne. C'est en revanche - hélas pour nos voisins - une confirmation de l'intérêt du projet de N.-D. des Landes.
Le Peuple breton de février (n° 505) consacre sa couverture et un remarquable dossier à la toute récente vente des chantiers navals de Saint-Nazaire au groupe norvégien Aker Yards. Outre les données économiques récentes, bien analysées, ce dossier comporte un volet historique documenté, préparé par Hubert Chémereau, retraçant les presque 144 ans qui nous séparent aujourd'hui de la création des Chantiers, sur la presqu"île de Penhoët, par l'Écossais John Scott.
Vous pouvez vous procurer ce numéro 505 du Peuple breton en le demandant sur papier libre à : U.D.B. 44, B.P. 80722, 44007 NANTES CEDEX 01, avec un chèque de 3,5 €. Vous pouvez même l'obtenir gratuitement en vous abonnant au Peuple Breton (sur papier libre à la même adresse, en joignant un chèque unique de 35 € à l'ordre du Peuple breton, pour les 11 numéros des douze prochains mois plus le numéro 505).
A vous la parole