Jeudi 21 octobre 2010
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[Article le plus consulté entre le 19 et le 26 octobre]
Sarkozy est un "réformateur". Il a été le premier président de toutes les républiques françaises à arroser son élection - le
soir-même ! - avec les Français les plus riches, réunis dans un palace parisien. Avant de prendre des vacances en compagnie de quelques-uns d'entre eux, sur un yacht de 60 mètres...
Et puis il s'est mis au travail. Voici à titre d'exemples quatre de ses "réformes" :
. le renforcement du "bouclier fiscal", qui oblige
désormais l'Etat à rembourser aux plus riches la part de leurs impôts et contributions sociales qui dépasse la moitié de leurs revenus(1) ...(ou plutôt : plus de la moitié des revenus qu'ils n'ont pas mis à l'abri dans les paradis fiscaux
ou dans ces "niches fiscales" que vous ne connaissez pas mais que leurs fiscalistes connaissent bien, à tel point que beaucoup de ces riches ne demandent même pas le
bénéfice du "bouclier") ;
. la multiplication des niches fiscales, justement, qui sont maintenant au nombre de 486, contre
418 il y a cinq ans (Chirac n'est pas blanc !), et qui coûtent désormais chaque année 73 milliards
d'euros au budget de l'Etat : cent fois le coût du bouclier fiscal ! . la
"défiscalisation des heures supplémentaires" qui permet de déclarer comme telles - donc de faire échapper à l'impôt
- des revenus supplémentaires versés aux bons (et hauts) salariés, ou une partie des revenus qui leur était déjà versés ;
. l'énorme réduction des impôts sur les successions et donations, qui profite pour l'essentiel aux dynasties de
milliardaires, dont les descendants ont l'assurance, grâce à Sarko, de rester aussi riches sans avoir d'autre effort à faire que d'être nés.
Imaginons un instant ce que ces gens pensent de la masse des citoyens ordinaires...
Ce pouvoir se donne des airs de rigueur, en supprimant des demi-parts de quotient familial ou des déductions d'intérêts plus justifiées que - par exemple
- l'exonération d'investissements outre-mer. Comment serait-il crédible ?
Et c'est le même qui nous demande de travailler plus longtemps pour gagner moins (en salaires ou en retraites)
? Avant de parler de solidarité, qu'il s'occupe de justice : le gras est dans
les coffres(2) !
(1) : Avant Sarko, le prélèvement pouvait atteindre 60 % des revenus, et la "protection" des riches ne concernait pas leurs contributions sociales, dont ils sont en pratique exonérés
aujourd'hui, alors qu'elles sont payées à la source par les salariés et retraités.
(2) : Documentation : voir notamment Le Président des Riches, de Michel Pinçon et Monique Pinçon-Charlot (Collection Zones, Ed. La Découverte, 222 pages, 14 €).
Illustration : extrait d'un tract de la CFDT Crédit du Nord.