Il faut lire Ouest-France ! L'édition du 26 mars rend compte en page Loire-Atlantique d'un sondage réalisé en Bretagne administrative par le CNRS
(Centre national de la Recherche scientifique) pour le compte de la Fondation européenne pour la Science, qui s'est intéressée à quinze des actuelles régions
d'Europe.
Deux résultats retiennent particulièrement l'attention : cette fois, on a compté à part les "sans opinion", et ils sont 20 % des sondés contre "moins de 1 %" selon
l'IFOP qui insistait auprès des sondés pour avoir un choix... ). Et 51 % des sondés de la Bretagne à quatre sont favorables à la réunification, contre 32 % dans le "sondage"
IFOP/Ouest-France. Or 51 % des sondés qui ont formulé un choix, ça fait 63,75 % des choix exprimés (50/80), contre toujours 32 % dans le sondage IFOP/Ouest-France pour
lequel toutes les opinions étaient exprimées ! Du simple au double ! L'article d'Ouest-France peut bien minauder sur le thème "A questions différentes, réponses
différentes" : la principale différence n'est pas imputable aux questions !
Ouest-France n'est pas allé jusqu'à rapprocher ces chiffres, et l'annonce du sondage en première page est infiniment plus discrète que celle du 7 mars. Quant aux excuses motivées auprès des
lecteurs et personnalités abusées, on ne les a pas encore lues.
Une question pour en finir : de quoi ont l'air aujourd'hui les satisfaits de l'"énorme surprise" du 7 mars et du "choix massif
pour le statu quo" ?
Pour plus de détails, nous renvoyons "confraternellement" à la page 7 du quotidien.
Le sondage IFOP était innovant car il posait la question de la préférence des gens. Ici il n'y a que deux choix. Les 20% d'indécis sont-ils ceux qui voulaient un grand ouest? Nous ne le savons pas. Enfin il y a ici, si l'on donnait son opinion, 4 choix possibles Tout à fait pour, plutot pour, tout à fait contre, plutot contre. Je m'interroge sur la pertinance des choix "plutot". Sont-ils des peut-être, mouaih, etc. Ces gens iraient-ils voter lors d'un référendum? J'ai l'impression que vous criez un peu vite victoire. Au final, c'est seulement 51% des personnes interrogées qui sont favorable ce qui est loin du raz de marée dont on parle depuis des années. Je suis encore plus désabusé par ces résultats.
L'escroquerie du sondage IFOP/OF est moins dans les questions (encore que...) que dans les biais apportés à la collecte et à l'interprétation des réponses, qui conduisent de fait à classer les "sans opinion" parmi les partisans du statu quo.
Les chiffres du CNRS sont en fait du même ordre que ceux de la quasi-totalité des sondages antérieurs : autour de 65 % d'opinions exprimées favorables à la réunification, contre 32 % pour le sondage IFOP qui, notamment par la pratique de la "relance" a conduit les hésitants à se prononcer majoritairement pour le statu quo (voir l'étude de Ronan Divard dans le Peuple breton qui paraîtra dans quelques jours).
Le résultat IFOP qui se trouve totalement invalidé est celui - inespéré pour les PdL, qui met en tête l'attachement au statu quo. En fait : il n'y a pas de rupture dans entre les réponses connues depuis 1986 et celles de 2009).
Vous avez raison d'évoquer les préférences pour les diverses fusions de régions. Après avoir comparé plusieurs sondages, j'en arrive personnellement à la conclusion (seulement la plus probable), que les partisans des "grandes régions" se retrouvent à la fois pour la réunification (dans les plutôt), les sans opinion et les contre, et probablement dans l'ordre, quand la question de la réunification est seule posée, comme certains se sont retrouvés à la fois, en 2006 parmi les partisans de la réunification et ceux du statu quo.
Le moins bon résultat des sondages connus était celui de 1986 (63 % des exprimés en Loire-Atlantique), avec le record de sans opinion.
Que le matraquage du 7 mars et des jours suivants autour du statu quo soit nettement invalidé est tout de même une victoire intéressante, même si nous ne pouvons espérer toucher autant de lecteurs...
Bien amicalement,
Michel FRANÇOIS.