On peut en sourire cinq minutes, mais l'information va plus loin que l'anecdote. Adulée pendant des mois pour son exemplarité écologique (voir sa présentation), l'entreprise
Abalone-Intérim installée aux portes de Saint-Herblain est depuis quelques jours vouée aux gémonies par les adversaires du projet d'aéroport de Notre-Dame-des-Landes
(lire) .
Son PDG vient en effet de prendre position en faveur de ce projet, pour des raisons ...écologiques : mille fois plus de personnes actuellement exposées aux rejets de carburants.
Peut-être limité, mais écoutable, cet argument est appuyé par le déploiement d'une banderole "Pour l'aéroport" qui rappelle évidemment celles qui sont déployées contre. Provocation inutile,
publicité gratuite ? (l'entreprise sait faire parler d'elle) Les deux
peut-être, encore que la gratuité en termes d'image auprès d'un certain nombre d'écologistes encartés ou non ne soit pas évidente.
La question de fond est la suivante : est-ce qu'une approche écologique du projet d'aéroport débouche nécessairement sur le refus du transfert de Château-Bougon à
Notre-Dame-des-Landes ? Pour l'UDB, la réponse est : non, et il faudra bien un jour se poser d'autres questions écologiques ou autres que les
seules auxquelles répondent aujourd'hui - avec parfois de bons arguments - les adversaires du projet. Se poser par exemple celles-ci :
. Avec ses inconvénients, mais en facilitant les vols directs par rapprochement de demandes, l'implantation à N.-D.-des-Landes n'est-elle pas plus
écologique que l'implantation à Château-Bougon, qui génère des décollages intermédiaires pour Roissy ou Orly à partr de Rennes, Lorient ou Quimper ?
. Corrélativement, en invoquant l'ancienneté du projet de N.-D.-des-Landes (tout de même actualisé
!), les adversaires du projet se rendent-ils compte qu'ils attribuent d'éminentes qualités à des implantations imaginées
à une époque deux fois plus ancienne ?
. L'intensification et l'accélération continues des liaisons avec Paris - avec son
corollaire l'apauvrissement des liens locaux et transversaux - sont-elles des bases acceptables de développement durable(1)
?
La liste des vraies questions n'est pas close, et invite en réalité plus au respect mutuel et au dialogue qu'à l'anathème. Les seuls en droit de se plaindre à coup sûr sont sans doute les (ou
des) riverains d'aujourd'hui ou de demain.
(1) : Voir les cartes publiées par La
Documentation française. Ne négligez pas la petite carte en bas à droite, et posez-vous la question : à qui et à quoi profite le découpage actuel des régions ?
Illustration : photo issue du site de l'entreprise, comme la documentation mise en ligne.
(Article repris du blog www.stervlan-mf.info.)
A vous la parole