[L'article le plus consulté entre le 8 et le 15 janvier 2011]
Les oreilles de Sarkozy, Hortefeux, et autres, ont sifflé lors de l'audience solennelle de rentrée de la Cour de Cassation, le 7
janvier dernier.
Dans son discours parfaitement classique dans la forme, Jean-Louis Nadal, procureur général auprès de cette haute juridiction - autrement dit premier procureur de France - a poussé un véritable cri d'alarme républicain contre les dérives des plus hautes autorités de l'État en matière de fonctionnement de la justice, d'interventions dans les affaires, de gestion partisane des carrières, d'attitude envers les magistrats et les décisions de justice, d'indulgence - pour ne pas dire plus - envers des bavures policières de la pire espèce.
Magistrat depuis 44 ans, M. Nadal quitte ses fonctions dans les prochaines semaines. Il s'est déjà fait remarquer par son indépendance, dont il fait solennellement une règle absolue à protéger fermement contre tous les empiétements intéressés.
On pourra prendre connaissance du texte de son discours en cliquant sur la photo ci-contre (portrait de Jean-Louis Nadal emprunté au site de la Cour de Cassation).
Députée européenne d'Europe Écologie, Eva
Joly avait fait forte impression pendant la campagne pour les élections européennes. Ceux qui ont pu l'entendre à Nantes avaient été conquis par sa voix sans colère mais si déterminée,
au léger accent norvégien, qui portait à l'évidence une volonté indomptable.
Une décision de la Cour d'appel de Paris, qui marque un saisissant recul du droit dans le domaine de la corruption internationale, vient de la conduire à s'exprimer par un communiqué qui sera
relayé par tous ceux qui partagent ses motivations.
Lire le communiqué d'Eva Joly.
Entendre et voir Eva Joly parler de paradis
fiscaux.
Illustration : Eva Joly àu meeting Europe Écologie de Lorient le 18 avril 2009, entre Joël Labbé, maire de Saint-Nolff, et Yannick Jadot, tête de liste pour la circonsctiption Ouest.
Dans son édition datée des 24 et 25
mai, Le Monde signale que le nombre des dossiers de délinquance économique confiés par les procureurs aux juges d'instruction est passé de 467 en 2007 à 251 en 2008. Pour les
délits financiers les plus complexes, confiés au pôle parisien spécialisé; la chute est encore plus brutale : de 101 informations ouvertes en 2006, on est passé à 88 en 2007 et 21 en 2008.
Depuis le début de l'année six informations seulement ont été ouvertes par le Parquet de Paris.
Selon le juge Renaud Van Ruymbeke, cité par le quotidien, "si le ralentissement se poursuit, la réduction du nombre des juges d'instruction paraît inéluctable".
Le ralentissement date de 2002. La loi Perben II l'a accentué en 2004 en accroissant le pouvoir d'enquête préliminaire des procureurs, mais surtout en rendant
impossible l'ouverture d'une instruction par constitution de partie civile d'un justiciable auprès du doyen des juges d'instruction. Le passage par le procureur est aujourd'ui obligatoire.
Or les instructions ouvertes par constitution de partie civile fournissaient bon an mal an environ 80 nouveaux dossiers.
Le juge Van Ruymbeke estime que, pour le pouvoir politique "il faut manifestement éviter que les juges d'instruction [...] ne sortent des affaires politico-financières comme ils l'ont
fait depuis une vingtaine d'années".
Et le nombre des instructions ouvertes par décision des procureurs - soumis au pouvoir politique - a parallèlement été divisé par trois... Cherchons l'erreur.
Illustration d'après une image Clipart.
Le ministère de l'Intérieur a été prompt à
officialiser la concession faite à la délégation de présidents de conseils généraux venue réclamer le maintien du numéro de département sur les plaques d'immatriculation des véhicules.
On peut prendre connaissance ici de la mise à jour de la documentation officielle datée du 30 octobre (et
d'où est extraite la plaque ci-dessus).
Le maintien du numéro de département se traduit par l'obligation d'en faire figurer un sur la droite de la plaque d'immatriculation, au-dessous d'un logo régional qui doit
être celui choisi par le conseil régional de la région comportant le département choisi.
Qui se réjouira du fait que le choix du 44 en Loire-Atlantique s'accompagne de l'obligation de le faire surmonter d'un logo des Pays de la Loire ? Le département
de Loire-Atlantique n'a-t-il pas remporté là une victoire à la Pyrrhus ? Et les Bretons expatriés qui traduiraient ainsi le souvenir ému de leur Pornic ou de leur Clisson natal
seront sanctionnés par un logo dont ils ignoraient peut-être jusque-là l'existence...
Bien sûr, les habitants de notre département pourront choisir une plaque avec l'un des numéros 22, 29, 35 ou 56. Pourra alors figurer le gwenn ha du au-dessus du numéro de département. Ce ne
serait qu'un pis-aller et un choix peu propice à une grande extension.
Bien sûr aussi, on "peut" coller un gwenn ha du à la place du logo des PdL. Il faut alors savoir que l'article R 317-8 du Code de la route punit la non
conformité d'une plaque d'immatriculation par une amende de 4ème classe (de 90 € à 350 € selon qu'elle est minorée pour paiement immédiat, normale ou majorée). Une immobilisation du
véhicule n'est même pas à écarter !
La légalité de cette sanction pour non conformité du couple département-région sera probablement contestée. Le numéro d'immatriculation est ici valable, les couleurs de la plaque aussi, et les
logos, qui sont de toutes façons l'objet d'un choix du propriétaire du véhicule, ne peuvent passer pour un élément d'identification... Des juristes, dès maintenant, se penchent sur la
question.
Et il pourrait bien se trouver des juges, français ou européens, pour trouver que le libre choix d'un numéro de département et indirectement d'un logo de région a
plus à voir avec les libertés qu'avec le code de la route, ce qui entraînerait l'inapplicabilité de cette disposition.
Alors verra-t-on des automobilistes de Loire-Atlantique sanctionnés pour port du gwenn ha du sur leur plaque d'immatriculation, alors que notre
drapeau flotte peut-être au fronton de leur mairie et ... sûrement de leur Conseil général (photo)? Et alors que la pérennité des actuels départements et régions n'est pas acquise ?
Problème d'immatriculation ou problème de discrimination ? Une bonne solution : la réunification !
Sylvain Rabouille a donc perdu son emploi, après avoir été gardé à vue pour "menaces de mort" à l'encontre du président Sarkozy. Son employeur n'a
même pas eu besoin de le licencier : Sylvain était en CDD d'un mois renouvelable fin juillet pour le mois d'août. Il lui a suffi de le dispenser de revenir les derniers jours. Et voilà
comment la précarité permet l'arbitraire : il est clair qu'un licenciement en bonne et due forme pour faute aurait été difficile à soutenir devant les prud'hommes...
Mais la question se posera tout de même ...devant le tribunal correctionnel : Sylvain se trouve effectivement poursuivi pour menaces de mort, et l'affaire
viendra en jugement le 20 février 2009 ! Presque sept mois après les faits, qui sont des propos tenus devant des gendarmes, et relèvent donc du flagrant délit ! S'il y a délit, bien
sûr, et c'est sans doute là que le bât blesse...
Sylvain reconnaît avoir dit : "Il peut bien crever !", dans l'irritation causée par un contrôle d'identité probablement lié à la visite du président. Mais si la langue de la République est
toujours le français, où est la menace ? Il ne s'agit même pas d'un souhait ! Juste d'une manifestation de profonde indifférence, répondant à la suspiscion attachée au
contrôle. Autrement dit, le sens du propos est : "Ce n'est pas la peine de nous contrôler : Sarko, on s'en fout !". Comme menace de mort, on fait plus percutant, hélas.
Ancien bâtonnier de l'ordre des avocats du barreau de Saint-Nazaire, Me André Tinière* a pris contact avec notre camarade.
C'est évidemment la relaxe qui devrait être plaidée, si l'affaire va jusqu'à l'audience. Il serait sage en effet que les poursuites s'arrêtent sans attendre.
C'est en tout cas l'intérêt du président et de ses amis, car si le ridicule tuait, ce n'est pas des propos de Sylvain qu'ils seraient les victimes !
* André Tinière exerçait la charge de bâtonnier lors des manifestations de 2007 pour la défense de la Justice et l'unité
judiciaire de la Bretagne. Il avait à ce titre fortement contribué à la mobilisation de ses confrères.
Sylvain, militant nazairien de l'UDB, travaille à Batz, dans un centre de vacances. Pour éviter les inconvénients liés à la visite du président de la
République le 24 juillet, il prend sa journée de congé.
Le 23 au soir, après avoir passé la soirée avec des amis au Croisic, il fait l'objet d'un contrôle d'identité par la gendarmerie, au cours duquel il exprime de manière formellement assez vive son
indifférence totale à l'égard de la visite présidentielle : "J'en ai rien à f..., il peut bien crever !".
Le lendemain, le propos lui sera présenté comme ...une menace de mort ! Et Sylvain sera placé en garde à vue de 9 h à 15 h 30, période pendant laquelle son logement temporaire personnel au centre
de vacances sera perquisitionné, ainsi que son domicile nazairien, où seront saisis ...des tracts de l'UDB.
Outre une journée de vacances gâchée, Sylvain se trouve pour cette affaire menacé de licenciement.
La fédération de Loire-Atlantique de l'UDB exprime son étonnement devant le traitement réservé à son adhérent, dont le côté "présidenticide" lui avait jusqu'ici échappé..
Des contacts sont en cours à toutes fins utiles avec un avocat et l'Union locale CGT de Saint-Nazaire, avec laquelle il a eu ces derniers mois plusieurs occasions de collaborer sur des
dossiers de travailleurs immigrés.
" (...) assujettir à des formes légales la résistance à l'oppression est le dernier raffinement de la tyrannie."
On devrait lire plus souvent le projet de déclaration des droits de l'homme et du citoyen* adopté en avril
1793 par les ...Jacobins, sur proposition de Robespierre. et peut-être en graver certains beaux extraits dans le marbre des palais de justice, comme les articles 25 à 31, qui
légitiment la résistance à l'oppression ou à l'absence de garantie des droits du citoyen.
L'article 18 n'est pas mal non plus :
"Toute loi qui viole les droits imprescriptibles de l'homme est essentiellement injuste et tyrannique ; elle n'est point une loi."
Ces rappels ne sont pas des appels à la violence, et l'UDB salue au contraire le caractère non violent des actes qui sont reprochés aux trois "inculpés de La Baule" : avoir dévissé ou
barbouillé des plaques de rue au nom d'Olivier Guichard...
Que le baron repose en paix ! Ce fut un homme très contestable, comme il en est d'autres. Mais il est clair que les hommages qui lui sont rendus ici ou là (nom de rues ou de lycée,
statues...) ont pour effet, sinon pour but, de solliciter le respect public pour la "région" qu'il a fortement contribué à mettre en place, et à banaliser la politique de
débretonnisation rampante qui va avec..
Le droit de tous les Bretons à leur identité est un droit fondamental. Il n'est peut être pas garanti par la loi, mais dans l'esprit de la déclaration de 1793, c'est
cette carence qui est contraire au droit.
Hubert, Régis et Thomas n'ont pas agi en juristes mais, pacifiquement et symboliquement, en citoyens bafoués dans leur identité. C'est pour cela que l'UDB a demandé l'abandon des poursuites
qui les visent, et invite tous ses adhérents et amis qui le peuvent à participer au rassemblement qui se tiendra vendredi 23 novembre à 14 h devant le palais
de justice de Saint-Nazaire.
A vous la parole