La Loire-Atlantique comptait deux sénateurs de gauche (un PS et un parti de gauche ex-PS) , et trois de droite (tous UMP). Après les élections du 25 septembre, elle compte trois sénateurs de gauche (deux PS, un EELV) et deux de droite (un UMP et un centriste).
La déroute est sévère pour l'UMP, qui ne conserve que son sortant tête de liste. La réaction antisarkozyste des élus de proximité et la division de la droite ont
facilité la victoire indiscutable de la liste unie de la gauche, soutenue par l'UDB. Yannick Vaugrenard (PS),
Michelle Meunier (PS) et Ronan Dantec (EELV) font ainsi leur entrée au Sénat. Et si André Trillard (UMP), qui présidait le
Conseil général de Loire-Atlantique avant Patrick Mareschal, est le seul rescapé de sa formation, la droite sarkozyste ne doit guère compter sur Joël Guerriau, maire de Saint-Sénastien-sur-Loire,
ou le centrisme reste marqué par la figure tutélaire du résistant Marcellin Verbe, maire divers gauche de 1953 à 1983.
L'arrivée au Sénat de Ronan Dantec marque à la fois l'élection d'un sénateur EELV à la "Haute Assemblée", où ils étaient rares, et celle d'un ancien président du CUAB, qui a réaffirmé publiquement son attachement à la réunification au cours de la campagne des sénatoriales.
Les grands électeurs rassemblée dans le grand hall des pas perdus du Palais justice de Nantes, se sont vivement réjoui du remplacement des trois sénateurs de droite du Morbihan par trois sénateurs de gauche (PS, PC et EELV !) malgré le rétablissement manoeuvrier du scrutin uninominal dans ce département comme dans tous ceux qui élisent moins de quatre sénateurs, par une "réforme" destinée à avantager la droite. Dans le département voisin à l'est, le Maine-et-Loire, le siège gagné à gauche a également été salué, et l'espoir d'un basculement à gauche du Sénat a du coup fait un bond dans les coeurs (il semblait acquis en fin de soirée)... Ce ne serait sans doute pas encore la Révolution, mais tout de même déjà une révolution dans un monde où elles sont rares.
Michel François
La Fédération de la Loire-Atlantique de l’Union Démocratique Bretonne condamne avec la plus grande fermeté l’agression dont a été victime la caravane des primaires du PS. Quelle que soit l’opinion que l’on peut avoir sur le nécessaire transfert de l’aéroport à Notre-Dame-des-Landes, ces méthodes terroristes n’ont pas leur place dans une société démocratique.
Le responsable fédéral
Pierre Even
Les élus progressistes bretons (UDB et div.
gauche) étaient réunis hier à Pontivy pour renouveler leur bureau et se fixer un programme de travail pour les mois à venir.
Les élus ont élu Nelly Fruchard à la présidence de l'association (AEPB), où elle remplace Georges Cadiou, désireux de rencentrer son action sur son mandat
quimpérois. Nelly, d'origine nantaise, est maire (div. g.) de la commune de Plescop, voisine de Vannes, et assurait jusqu'ici des fonctions de
vice-présidente. Herri Gourmelen poursuivra ses fonctions de secrétaire général. Les vice-présidents
départementaux ont été reconduits ou renouvelés. Pour la Loire-Atlantique, Michel François succède à Pierre Even.
Les élus poursuivront au cours des prochains mois les échanges très intéressants qui se sont instaurés en séance sur des thèmes comme la maîtrise de l'urbanisation, la qualité de la terre et de l'eau ou les problèmes du foncier.
Illustrations - En haut, Nelly Fruchard à côté d'Herri Gourmelen. En bas, des élus de Loire-Atlantique : Pierre Even (Nantes, Michel François (Saint-Herblain) et René Le Houedec (La Chapelle-Launay).
Autres photos : cliquez sur l'une des deux, illustrations de cet article, puis sur Lancer le diaporama.
Jeudi 21 octobre en fin d'après-midi, les élus et militants de neuf partis de gauche - dont l'UDB - se sont
rassemblés auprès de la préfecture pour rappeler les raisons de leur soutien et de leur participation aux manifestations qui se succèdent contre les projets gouvernementaux de "réforme" des
retraites.
Pendant que chacun d'eux s'exprimait au-dehors à ce sujet (Jean-Yves Le Goas pour l'UDB), une délégation composée d'un membre de chacun d'eux (Michel François pour l'UDB(1)) était reçue par le préfet pour lui remettre une "adresse" commune au président de la République, lui demandant de suspendre les débats en cours au Parlement pour l'adoption à marche forcée du projet de réforme. Lire le document.
Chaque représentant a développé l'une ou l'autre des raisons de s'opposer à cette réforme. Celui de l'UDB a rappelé les mesures exclusivement favorables aux possédants déjà mise en oeuvre par le gouvernement (voir article ci-dessous), qui excluent toute nouvelle ponction . Ils ont tous insisté sur la grave responsabilité que prendrait le pouvoir en persistant sur la voie où il s'est engagée.
(1) - Pierre Even, responsable fédéral, étant retardé par des obligations municipales.
Photo : une partie des militants rassemblés près de la préfecture.
[Article le plus consulté entre le 19 et le 26 octobre]
Sarkozy est un "réformateur". Il a été le premier président de toutes les républiques françaises à arroser son élection - le
soir-même ! - avec les Français les plus riches, réunis dans un palace parisien. Avant de prendre des vacances en compagnie de quelques-uns d'entre eux, sur un yacht de 60 mètres...
Et puis il s'est mis au travail. Voici à titre d'exemples quatre de ses "réformes" :
. le renforcement du "bouclier fiscal", qui oblige désormais l'Etat à rembourser aux plus riches la part de leurs impôts et contributions sociales qui dépasse la moitié de leurs revenus(1) ...(ou plutôt : plus de la moitié des revenus qu'ils n'ont pas mis à l'abri dans les paradis fiscaux ou dans ces "niches fiscales" que vous ne connaissez pas mais que leurs fiscalistes connaissent bien, à tel point que beaucoup de ces riches ne demandent même pas le bénéfice du "bouclier") ;
. la multiplication des niches fiscales, justement, qui sont maintenant au nombre de 486, contre 418 il y a cinq ans (Chirac n'est pas blanc !), et qui coûtent désormais chaque année 73 milliards d'euros au budget de l'Etat : cent fois le coût du bouclier fiscal ! . la "défiscalisation des heures supplémentaires" qui permet de déclarer comme telles - donc de faire échapper à l'impôt - des revenus supplémentaires versés aux bons (et hauts) salariés, ou une partie des revenus qui leur était déjà versés ;
. l'énorme réduction des impôts sur les successions et donations, qui profite pour l'essentiel aux dynasties de milliardaires, dont les descendants ont l'assurance, grâce à Sarko, de rester aussi riches sans avoir d'autre effort à faire que d'être nés.
Imaginons un instant ce que ces gens pensent de la masse des citoyens ordinaires...
Ce pouvoir se donne des airs de rigueur, en supprimant des demi-parts de quotient familial ou des déductions d'intérêts plus justifiées que - par exemple - l'exonération d'investissements outre-mer. Comment serait-il crédible ?
Et c'est le même qui nous demande de travailler plus longtemps pour gagner moins (en salaires ou en retraites) ? Avant de parler de solidarité, qu'il s'occupe de justice : le gras est dans les coffres(2) !
(1) : Avant Sarko, le prélèvement pouvait atteindre 60 % des revenus, et la "protection" des riches ne concernait pas leurs contributions sociales, dont ils sont en pratique exonérés aujourd'hui, alors qu'elles sont payées à la source par les salariés et retraités.
(2) : Documentation : voir notamment Le Président des Riches, de Michel Pinçon et Monique Pinçon-Charlot (Collection Zones, Ed. La Découverte, 222 pages, 14 €).
Illustration : extrait d'un tract de la CFDT Crédit du Nord.
Coupures d'Ouest-France et du Monde datés du 2 septembre 2010)
Député "gaulliste"1 de l'Essonne, maire de Yerres, président-fondateur de Debout la République, M. Nicolas Dupont-Aignan nous livre dans Le Monde (du 5 novembre) un morceau de bravoure sur l'identité nationale, où se concentre la quintessence du jacobinisme rêvé par ses zélateurs.
Ecoutons-le parler de l'identité nationale :
"Oui, ce plébiscite de tous les jours, cher à Renan, ne tombe pas du ciel. Il doit être ardemment désiré et méticuleusement bâti par les élus du peuple. Ce vouloir-vivre ensemble a un
nom : la République. Il a un idéal : "Liberté, Egalité, Fraternité". Il a un acteur central, l'Etat, creuset de la nation à travers les âges et le gardien de l'intérêt général, contre l'emprise
des féodalités et des intérêts particuliers. Enfin, ce vouloir-vivre ensemble a une langue, le français."
On ne voudrait pas réveiller M. Dupont-Aignan de ce rêve tricolore et peut-être généreux. Lui expliquer que faire de l'Etat le "creuset de la nation" et, dans la même tirade, attribuer
l'identité nationale à un "vouloir-vivre ensemble" traduit une vision très romantique de l'Histoire, vertueusement dépouillée des ambitions, spoliations et violences qui accompagnent les
affrontements d'intérêts.
La France, comme les autres Etats, est le produit de tels affrontements, dont les vainqueurs détiennent le pouvoir, utilisé d'abord pour faire croire aux vaincus qu'ils ne le
sont pas, qu'ils appartiennent à la famille, dont - la preuve ! - ils partagent d'ailleurs la langue. La langue (Les
autres, taisez-vous !).
Ne serait-il pas plus "républicain" de prendre les choses en l'état, mais pour en faire l'inventaire et les améliorer, sans escamoter ni les conflits ni la personnalité des partenaires ? Le rêve
jacobin est un rêve nationaliste banal. Un rêve de caste au pouvoir et qui entend y rester.
(1). Appellation d'origine incontrôlable.
Pierre EVEN,
responsable de la fédération de Loire-Atlantique de l'Union démocratique bretonne (UDB) a été interrogé par Radio-Alternantes FM.
L'émission est diffusée ce mercredi 4 novembre à 20 h 45, sur les longueurs d'ondes suivantes :
. 98.1 si vous captez l'émetteur de Nantes,
. 91.0 si vous captez l'émetteur de Saint-Nazaire.
Parmi les thèmes abordés figurent notamment les suivants : le projet de loi sur la réforme territoriale, l'alliance UDB-EE aux élections européennes et régionales, le refus de
l'alliance avec le parti "breton", l'opposition de J.-M. Ayrault à la réunification,...
Illustration : Pierre EVEN lors de l'assemblée fédérale de septembre 2009.
Cet article est paru initialement sur le site de l'élu UDB de Saint-Herblain.
Son thème (entre autres) a fait l'objet d'une journée d'études de l'Association des Élus progressistes de Bretagne (APEB) sur laquelle nous reviendrons.
Les projets gouvernementaux de "réforme" des
collectivités territoriales ont naturellement des aspects budgétaires.
Bien que sa publication remonte au mois de mai 2009, le dossier établi par un groupe de travail commun aux trois assiociations des maires, des départements et des régions, relativement
concis (12 pages) et clairement rédigé, présente un intérêt manifeste pour la compréhension de cette dimension des "réformes".
Il fait par exemple justice des accusations démagogiques portées contre la frénésie dépensière des collectivités locales, en visualisant dans le graphique ci-dessus les transferts de charges cumulés à l'origine de l'accroissement des dépenses cumulées des différents niveaux de collectivités territoriales.
Pour agrandir l'image, cliquez dessus.
Il montre également comment les remèdes envisagées par la commission Balladur sont parfois en contradiction avec le diagnostic posé, lui-même très approximatif.
Enfin, il fait ressortir la brutalité du virage recentralisateur qui inspire financièrement la réforme : diminution des recettes fiscales sur lesquelles les collectivités peuvent
agir et renforcement des recettes administrées par l'Etat.
On trouvera le dossier complet sur le site de l'AMF.
Ces réactions salutaires laissent entière une question : dans quel autre pays "démocratique" un braquage d'État tel que celui auquel se livre
aujourd'hui l'Etat central français serait-il seulement imaginable ? Le jacobinisme qui, après avoir détourné la Révolution, a servi Napoléon, les rois restaurés, le second
Empire, l'Etat français, et permis plus récemment le bradage des médias publics, la soumission de la presse, la victoire des candidats de l'argent, le baîllonnement des minorités, etc,
passera-t-il encore longtemps pour le modèle idéologique de la République ?
Vendredi 16 octobre, les directeurs des
collèges privés catholiques du département ont manifesté dans la cour du Conseil général pour protester contre la suspension du versement des subventions d'investissement jusque là consenties
sans problème par l'assemblée départementale au titre de la loi Falloux..
La somme en jeu est de 3 M€, et le président du Conseil général fait valoir que le département a dû abonder (accroître) de 3,6 M€ le financement des personnels techniciens, ouvriers et
de service des établissements en cause, mis à sa charge par la loi au titre d'une déconcentration de dépenses de l'Etat et que celui-ci devrait compenser à due concurrence. Or il manque
précisément 3,6 M€. plus du tiers de la nouvelle charge ! Lassé de réclamer en vain, et ne pouvant se soustraire au règlement de dépenses devenues légalement obligatoires, le Conseil général
a choisi de compenser les carences de l'État par la suspension du versement des subventions d'investissement aux collèges privées qui, elles, sont facultatives.
La réaction éclairée et citoyenne des établissements privés aurait pu être de se solidariser avec le département pour exiger de l'Etat le respect de son obligation de compenser les
transferts de charge. Mais ce n'est pas le style de la maison, où l'on préfère s'en prendre à la
majorité départementale de gauche par une manifestation et par des lettres dénonciatrices aux
parents - remises aux élèves par les enseignants au mépris de toute neutralité politique - dénonçant la décision prise en insistant sur ses effets et non sur ses causes...
Cet épisode, comme celui de la loi Carle, survient à l'approche d'élections régionales qui ont vu en 2004 la déroute de la droite. La majorité hexagonale ne chercherait-elle pas dans une
réactivation de la guerre scolaire un moyen de mobiliser à son profit un électorat qui, dans les régions où l'école confessionnelle est une réalité sociale, a pris ses
distances evec elle ?
A vous la parole