Arts et artistes

Mercredi 3 février 2010 3 03 /02 /2010 03:28

Keineg-Anniv KFM 019rC'est un plaisir rare pour un militant, et en l'occurrence un militant UDB : voir et entendre un des fondateurs de son parti, poète reconnu en Bretagne depuis quarante ans, mais aussi aux Etats-Unis - dont il revient après trente-cinq ans - en Irlande, en France et ailleurs, parler avec une vérité sensible de son oeuvre poétique et théatrale, de sa vie, de lui, des distances qu'il a prises au cours du temps avec une image qui ne lui convenait pas. Sur mon blog d'élu herblinois, j'en dis un petit peu plus sur la soirée, mais je tenais ici à faire partager à mes camarades et à nos amis l'émotion liée à quelques-unes de ses anecdotes ou confidences au public, qui nous touchent d'une manière évidemment un peu particulière.

Interrogé sur l'origine de son parcours de poète, il remonte très loin dans le temps mais, s'agissant de son besoin d'écrire pour être publié, il évoque avec simplicité une vente du Peuple breton au Conquet, "qui avait assez bien marché", et qui avait été suivie de réflexions nocturnes dont avait finalement émergé la conscience claire de ce besoin.

A une autre question sur l'identité et son risque d'enfermement, il corrige : "Non, on ne parlait pas d'identité comme on le fait aujourd'hui. On n'est pas identique à soi-même dans le temps. On évolue, on choisit de garder certaines choses, pas d'autres. La Bretagne de mon enfance n'existe plus", et puis, retournant une sollicitation peut-être un peu appuyée : "Enfermés, les Bretons ? Non, je ne crois pas. Je trouve les Bretons d'aujourd'hui très ouverts, intéressés par beaucoup de choses dans le monde qui les entoure, curieux. Peut-être qu'en venant de l'extérieur on peut ressentir un temps cette impression, mais elle s'estompe si on accepte de ne pas rester à l'écart".

Les citations sont de mémoire, je les espère fidèles, et j'insiste sur le fait que les deux heures d'écoute et de dialogue qui ont fait le bonheur du public de Paol Keineg le 2 février ne se résume évidemment pas à ces courts extraits.

Un dernier mot : en sortant, j'ai acheté Les Trucs sont démolis(1), une anthologie qui me permettra de pallier quelques carences anciennes, et Anna Zéro(2), une version très personnelle, pour le théâtre, du personnage d'Anne de Bretagne.

(1) : Coédition Le Temps qu'il fait / Obsidiane, 2008.
(2) : Editions Apogée, 2002.


Illustration : Photo MF.

Par Michel FRANÇOIS. - Publié dans : Arts et artistes - Communauté : Régions et Peuples Solidaires
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