Des manifestations étaient organisées dans toute la France le samedi 4 septembre contre la xénophobie et la politique du
pilori.
Quelques vues de la participation de l'UDB à la puissante manifestation de Nantes sont rassemblées dans un album manif-roms, colonne de droite. Cliquez sur la mini-photo identique à la vue ci-contre, puis sur "lancer le diaporame".
Rappel des manifestations en Bretagne, avec les chiffres de participation annoncés par Dimanche Ouest-France :
- Brest : place de la Liberté (800 manifestants),
- Nantes : place du Commerce (7 000),
- Rennes : place de la Mairie (3 000),
- Saint-Brieuc : Rue Saint-Guillaume (1 000),
- Lorient : place Aristide Briand (800),
- Saint-Nazaire : esplanade des droits de l'Homme (1 200),
- Quimper : place de la Résistance (1 500),
- Vannes : devant la préfecture (300).
Des manifestations étaient également organisées à Lannion, Morlaix, Carhaix, Fougères. La participation a visiblement varié avec la dispersion des sites, les signataires des appels locaux et surtout l'actualité plus ou moins grande du thème selon les agglomérations (présence de Roms, expulsions récentes, etc).
Le quatrième Forum international des Droits de l'Homme s'est ouvert à Nantes le 28 juin et clôture ses travaux le
1er juillet. Les collectivités organisatrices sont la Ville de Nantes, le département de Loire-Atlantique et la "région" des Pays de la Loire.
La participation de cette dernière est depuis l'origine sujette à contestation. Comme en d'autres matières susceptibles de nourrir des politiques publiques, les droits de l'homme peuvent naturellement donner lieu à des réflexions, des propositions et des actions dans ce cadre, aussi artificiel soit-il.
Le thème des droits de l'homme invite cependant plus que d'autres à une certaine rigueur intellectuelle et morale, et conduit à attendre des organisateurs du Forum qu'ils ne soient pas eux-mêmes impliqués dans la mise en oeuvre d'une politique contraire au respect des droits de l'homme.
C'est là que le bât blesse, même si le sang ne coule pas ! Les "Pays de la Loire" figurent en effet clairement parmi les moyens mis en oeuvre par la France pour gommer l'existence des minorités historiques et culturelles - en l'occurrence la Bretagne - moyens rendus d'avance "légaux" par l'article 2 de la Constitution : la France ne saurait par définition porter atteinte aux droits de ses minorités puisque sa Constitution dit qu'elle n'en a pas !
Ce discours, martelé en France depuis deux siècles(1), relayé en continu par les structures administratives, l'école (Ah! l'Histoire et les Gaulois...) et l'information, n'y est pas aisément contredit. Mais c'est le discours tenu dans tous les pays qui s'emploient à étouffer et normaliser leurs minorités. Comme sa Constitution dit que la France n'a pas de minorités, la France peut par exemple, comme elle le fait, sans faillir juridiquement aux droits de l'homme, leur refuser la pratique publique et l'enseignement de leurs langues et dans leurs langues, ou leur dénier le droit à un territoire identifié où leurs citoyens - entre autres droits - seraient appelés par leur nom !
Le problème pour la France, c'est qu'il y a aujourd'hui un droit international des minorités, qui repose sur des définitions et des principes qui font leur chemin.
C'est ce qu'ont expliqué au cours d'une conférence de presse tenue le 29 juin des organisations comme l'Institut culturel de Bretagne,
Bretagne réunie, la coordination Kevre des associations membres de l'ancien Conseil culturel de Bretagne(2), qui ont
porté plainte contre la France pour discrimination, sur la base de définitions des minorités internationalement reconnues ...y compris par la France. On trouvera ici la présentation de la plainte.
La revendication de réunification a par ailleurs fait son chemin au moyen d'un stand, de deux manifestations (à l'entrée du Forum et dedans - voir page 44=Breizh), d'un débat et d'une table ronde, dont on voudra bien nous excuser de ne pouvoir rendre compte de manière satisfaisante dans le cadre de ce blog.
(1) : Déjà fortement centralisatrice, et pas plus préoccupée des droits de l'homme, la France de l'Ancien régime qualifiait la Bretagne de "province réputée étrangère", expression dont on peut dire qu'elle traduisait à sa façon la notion de minorité nationale.
(2) : nom repris officiellement par un conseil consultatif créé par la région "Bretagne", et dans lequel Bretagne réunie, notamment, est représentée.
Illustrations : interventions du juriste Jean-Pierre Lévêque, pour l'Institut culturel (en haut) et de Tangi Louarn pour Kevre (en bas). Entre eux, Angèle Jacq pour l'Appel des Bretons pour la Démocratie,, à gauche en haut, Paul Loret, président de Bretagne réunie. A droite Mathieu Guihard.
A vous la parole