Notre immense confrère Ouest-France traite à la carte le fait touristique
régional. Si vous résidez - en général ou pendant vos vacances - dans un des quatre départements bénéficiaires des pages Bretagne, l'actualité des fêtes vous est
résumée autour d'une carte sur laquelle figurent les cinq départements bretons. Ce n'est pas nous qui nous en plaindrons.
Mais si vous résidez - en général ou pendant vos vacances - dans la Loire-Atlantique, condamnée par Ouest-France aux pages "Pays de la Loire", vous
n'avez pas droit à l'actualité des fêtes dans les quatre autres départements bretons. Et sur ce sujet comme pour le reste de l'actualité, vous êtes priés de vous intéresser exclusivement à ce qui
se passe dans les départements du Maine, de l'Anjou et de la Vendée...
Chacun connaît Port-Launay dans le
Finistère. Mais il en est un autre en Loire-Atlantique, sur la rive nord de l'estuaire et sur le territoire de la commune de Couëron.
Le site de ce Port-Launay est donné par certains comme celui du grand port namnète de Corbilo (dont parlent Pythéas et Stabon). Jusqu'au XVIIème siècle, la Loire y caresse
les pieds du Sillon de Bretagne, et permet (déjà) à Nantes de disposer d'un avant-port où séjournent nombre d'armateurs et grands navigateurs, dont restent quelques demeures ornées de
mascarons.
Du port, il ne reste guère que les ruines d'une cale, laquelle semble aujourd'hui descendre dans un pré. Tout près de là s'élève La Gerbretière, ancienne demeure de Jean
Audubon, capitaine au long cours dont la maîtresse haïtienne donna le jour à l'ornithologue Jean-Jacques Audubon, plus célèbre aux Etats-Unis qu'en France mais dont les dessins d'oiseaux
sont bien connus (ci-contre, bernache canadienne).
Les marais dits aujourd'hui marais Audubon occupent la moitié du territoire couëronnais. On y aperçoit de l'autre côté, sur la rive sud, la commune du Pellerin et son
clocher.
Des bacs (départementaux et gratuits) relient Couëron et Le Pellerin. On n'y peine pas à chercher dans quelle région on se trouve ! Le duc François II est
mort à Couëron, ou il avait un château, quelques semaines après la signature du traité du Verger1, qui lui
interdisait de marier sa fille Anne sans le consentement du roi de France. Le nom de chacun des deux souverains et celui de Saint-Hermeland (Saint-Herblain ou Sant Erblen) ont
été donnés à un bac.
(1) : mais d'une chute de cheval...
Les mots en italique du texte principal sont illustrés par des vues du diaporama Port-Launay (cliquer en haut de la page à droite). Le dessin (du domaine public) de la bernache canadienne
est tiré de Wikipédia.
Restons en pays d'Ancenis, et arrêtons-nous un
instant à Oudon.
Les familiers du train Nantes - Paris connaissent bien ce haut donjon autour duquel se serre le bourg d'Oudon, entre Nantes et Ancenis. Ici, le resserrement de la Loire fit le bonheur des
rançonneurs vikings jusqu'à la leur expulsion armée par Alain Barbe-Torte. Puis Oudon fut pendant des siècles ville frontière : de Champtoceaux (Château-Ceaux jadis) à Ingrandes, la Loire faisait
frontière entre le duché de Bretagne, au nord, et le royaume des Francs puis de France au sud. La tranquillité ne fut pas tous les jours au rendez-vous1.
Le trafic du sel était le passe-temps favori de nombre de contrebandiers. Côté Bretagne, le sel - surtout ici celui de Guérande et de Bourgneuf - circulait en effet librement,
alors qu'en France, il était fortément taxé (gabelle). Le jeu consistait donc à faire entrer du sel (bien payé) en France en échappant aux archers du roi.
Dans la Loire poissonneuse, la pêche était une autre activité prisée. Et le transport en gabarres (péniches) profitait à Oudon.
L'album photos que vous découvrirez - en haut à droite de cette page - vous permettra de faire plus ample connaissance avec le château d'Oudon, plus important qu'il ne semble au premier abord et
ses environs. Mais nous essaierons d'y retouner par temps plus lumineux.
Bonne visite !
(1) : Ainsi, en 1420, le duc Jean V et le seigneur d'Oudon, invités au château de Champtoceaux par Marguerite de Clisson, qui prétendait à la
couronne de Bretagne pour son fils, y furent gardés prisonniers. Libéré avec l'aide des Anglais, le Duc fit raser les fortifications de Champtoceaux (qu'on comparait à celles de Carcassonne !).
Le Champtoceaux d'aujourd'hui n'en garde pas rancune à Jean V : une rue y porte son nom.
Le canal de La
Martinière - de son nom officiel : canal latéral à la Loire - est une belle réalisation technique, mais un succès de courte durée et pour finir un exemple de
reconversion.
Construit de 1882 à 1892 sur la rive sud de l'estuaire, il devait permettre de répondre à l'ensablement croissant de la Loire. Du Pellerin au Carnet - des noms qui fleurent bon les combats anti-centrale nucléaire en Basse-Loire - il a été creusé sur quinze kilomètres pour
offrir un passage sûr aux grands voiliers, qui y circulaient remorqués, et aux premiers vapeurs. Les connexions avec la Loire s'opéraient à chaque extrémité par un jeu d'écluses aptes à
accueillir des bâtiments pouvant atteindre 123 m de long.
Des machineries complexes à eau pressurisées, toujours visibles et en bon état, assuraient l'ouverture et la fermeture des écluses.
La taille croissante des navires désireux de remonter la Loire a mis un terme dès avant 1914 à l'exploitation du canal, rendue inutile par le creusement du fleuve et plus encore le
développement du port de Saint-Nazaire.
Depuis 1958, le canal alimente en eau des prés d'embouche qui s'étendent jusqu'au Marais breton, lequel couvre, comme tout le monde ne le sait pas, le sud ouest de la
Loire-Atlantique et le nord de la Vendée (si, si, Jacques...). On y pratique la pêche et des activités
nautiques. Et on peut y faire de tranquilles et agréables promenades.
Quelques images de ce site à découvrir vous sont proposées en haut à droite, dans l'album photos "Canal de La Martinière".
Photos : l'une des écluses est et la machinerie correspondante.
C'est dans le gratuit 20 mn du 5 septembre qu'il faut le lire, mais ça plaît au plus
grand nombre.
L'UDB le dit depuis toujours. L'actuel président du conseil général (assemblée départementale) de Loire-Atlantique, Patrick Mareschal, soutient que la Loire-Atlantique doit s'intégrer au
Comité régional du Tourisme de Bretagne (et cela commence à se voir) : l'appartenance à la Bretagne est un atout pour la Loire-Atlantique.
On l'admettait depuis longtemps pour
le littoral (sous Guichard déjà : "La Baule, midi de la Bretagne"), mais d'aucuns essaient encore de tirer vers d'autres horizons la Loire-Atlantique intérieure, celle qui est ...à plus
de 30 mn des plages. Eh bien, c'est raté ! La direction de l'Office du Tourisme de Nantes est claire (voir ci-contre la coupure de presse).
Il est vrai que des "preuves" de ce genre n'émeuvent pas les Jacobins hostiles à la réunification : ce qu'ils veulent justement, ce sont des régions
faibles, sans caractère, incapables de faire de l'ombre aux multiples lobbies parisiens.
A chacun de dire ce qu'il veut vraiment.
En visite inopinée au lycée Aristide Briand de Saint-Nazaire, le président du conseil régional de Basse Ligérie a rencontré des jeunes. Et qu'a-t-il entendu ? Il le dit sur son blog :
"je les ai entendu refuser les clichés et appeller de leurs voeux une société de mixité bien loin des communautarismes qui séduisent aujourd'hui, y compris des responsables politiques".
Il fallait le placer... Et pan ! sur la tête de Patrick Mareschal ! Vous avez vu, les enfants ?
En jacobin pur sucre, M. Auxiette appelle communautarisme l'attachement des autres à leur identité. Lui, pour sa venue, se contente de faire pavoiser d'abondance l'entrée du lycée par des oriflammes aux couleurs d'une "région" dont l'identité factice (et coûteuse !) relève maintenant d'une obsession excluant toute mixité !
A propos d'identité, l'ancien censeur et proviseur du lycée de La Roche-sur-Yon voudra bien veiller à l'orthographe des mots courants de la langue française, comme "appeler", pour ne rien dire du style, des majuscules et des accords1. Le français est tout de même la langue de la République !
C'est vrai qu'il a déjà fait un gros efforts pour parler d'Airbus. Depuis que l'avion a décollé, on n'arrête pas de le voir battre des ailes sur la piste...
(1) dans la version consultable le 11 mars reproduite ci-dessus.
A vous la parole